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Vara 2012, Romania. Ce pacat!

de Catherine Durandin     Contributors.ro
Sâmbătă, 25 august 2012, 12:22 Contributors


Catherine Durandin
Foto: Arhiva personala
​​"Peripetiile politice prin care a trecut Romania din luna iunie pana acum au lasat un gust amar si un sentiment de extrema dezamagire pentru orice cetatean european preocupat de viitorul UE", scrie Catherine Durandin intr-un text publicat pe Contributors.ro. Scriitoarea franceza descrie situatia Romaniei in context european si deplange rezultatele crizei politice prin care a trecut tara. "Aceasta criza nu este binevenita pentru Romania care putea spera, spre deosebire de Grecia, la o relansare pe termen mediu [...]. Dar a venit la tanc pentru Rusia."



Le temps perdu

Les péripéties politiques qu’a traversées la Roumanie depuis le mois de juin laissent un goût amer et un sentiment d’extrême dommage pour tout citoyen européen qui s’inquiète de l’avenir de l’UE.

L’UE est confrontée à une crise grave, politique et économique. Quelle politique, austérité ou non, peut initier la relance ? La Grèce sombre, à moins 6% de croissance, a initié une politique d’économies qui ne pourra à court terme suffire à enrayer la chute. Experts en économie, membres de l’UE ne s’entendent pas sur la marche à suivre… France et Allemagne divergent sur la voie du sauvetage à adopter. La Grèce va-t-elle sortir de la zone euro et quelles seront les conséquences ? Un drame se joue depuis des mois à Athènes et à Bruxelles.

Bucarest s’est découvert un tyran

Et cependant, la Roumanie, membre de l’UE, puissance de 19 millions d’habitants dont la croissance est faible mais non négative (la France a une croissance zéro) se découvre un tyran, le dictateur Basescu : soudain, le chef de l’état élu en 2004 et ré élu en 2009, devient une sorte de marin imposteur, golan, irrespectueux de la constitution. Et le bouc émissaire cible de tous les mécontentements.

Toutes les désillusions de l’âge d’or des années de croissance du début du XXI ème siècle jusqu’à la crise de 2008/2009 qui n’épargne personne et tourmente les Etats-Unis, se cristallisent autour de l’ennemi numéro 1 Basescu.

Il est vrai que Basescu a mis en place de manière autoritaire une politique d’austérité lourde négociée avec l’UE et le FMI. Il est vrai que dans un régime semi présidentiel, imposer une ligne budgétaire sans vrai débat est pire que maladroit.  Sans doute, le président se sentait – il assuré par sa politique extérieure réussie qui a répondu aux aspirations de la population : partenariat contractuel respecté avec l’UE et alliance avec les Etats-Unis dans le cadre de l’OTAN.

C’est une erreur que de croire que les opinions, sauf en cas de danger menaçant leur pays, s’attachent à la politique extérieure. Un exemple : il est fort peu probable que les Français acceptent une politique d’austérité qualifiée d’efforts justes tout simplement par ce que les forces françaises quittent dans un calendrier proche l’Afghanistan, opération devenue tout à fait impopulaire…

L’urgence : se défaire du tyran

Pourquoi ce calendrier précipité de juin/ juillet ? L’alliance USL décide que le moment est venu de se débarrasser de T Basescu. Le processus suit son cours à une vitesse accélérée, suspension par le Parlement le 6 juillet et referendum de confirmation le 29 juillet.

C’est là que tout s’embrouille car les attaques contre la constitution, les atteintes portées à la justice, l’organisation fébrile d’un referendum frauduleux témoignent d’une sorte de hâte panique à investir le pouvoir. Le délire des mots en violence saisit les hommes politiques. Et l’on entend s’exprimer sur la même ligne Emil  Constantinescu et Ion Iliescu – revenu combattre au nom de la démocratie !

A l’embrouille, se joint le suspens : quelle sera au final la position de la Cour Constitutionnelle ? La Cour tranche, certains de ses membres accusés de trahison, sont menacés ou insultés.

Les observateurs étrangers prennent acte : les résultats du recensement de la population ne sont pas définitifs, les listes électorales qui ont déjà servi en juin pour les élections locales sont contestées, le vote du 29 juillet s’est déroulé dans des conditions frauduleuses. Bref, le tableau est décevant…

Les mensonges et double langage !

La Cour Constitutionnelle a tranché, le président Basescu est normalement réinvesti dans ses fonctions. L’échéance de la nouvelle élection présidentielle est fixée à 2014. Il se peut que son impopularité et les rapports de force qui lui sont défavorables imposent des élections anticipées, une révision de la constitution…

Au point actuel, le drame qui se voudrait digne de Shakespeare se pose en ce dilemme : cohabiter ou ne pas cohabiter ?

Le président par interim joue le héros justicier : ne pas cohabiter. Comment coopérer avec le tyran/golan ? Il a oublié ou semble avoir presque oublié qu’il a déclaré qu’en cas de retour de Basescu à Cotroceni, il démissionnait ! Aujourd’hui, il fait don de sa personne à son pays.

Le premier ministre – il est vrai qu’il est jeune et n’a toujours pas mesuré ce que plagier veut dire – dit tout et son contraire, selon l’interlocuteur auquel il s’adresse… Oui, non, oui…S’exprime t-il au fil de négociations internes ou suit-il des conseils opposés, venant de Iliescu, Nastase ou d’autres ?

L’ennemi est à l’Ouest

Soudain, et parce que le tyran a conduit une politique euro atlantique, l’ennemi désigné est passé à l’Ouest. Ce n’est plus Shakespeare, c’est la guerre froide revenue. Que l’ex – président Iliescu, du fait de son âge, ait une culture de guerre froide, peut s’expliquer. Mais qu’un Victor Ponta de 39 ans dénonce les ennemis de l’UE et du Département d’Etat est plus surprenant. A première vue, cette posture est incompréhensible si ce n’est que…

Retour à la Nation assiégée

Dénoncer l’ennemi extérieur est une tactique que partagent tous les extrémismes nationalistes européens. C’est tantôt l’immigré ou le Rrom pour le Front National en France, c’est le Département d’Etat qui effraie Crin Antonescu, ce sont Merkel, Barroso et Viviane Reding qu’attaque Ponta.

La différence est que le Front National français est anti européen et anti américain et donc cohérent, alors que Ponta/Antonescu n’ont pas encore proposé un referendum pour sortir la Roumanie de l’OTAN et de l’UE !

Une crise bienvenue

Cette crise est malvenue pour la Roumanie qui pouvait, à la différence de la Grèce, espérer une relance à moyen terme, espérer que les informations sur le recensement qui illustrent la chute de la démographie, ouvrent un débat et des programmes concernant la santé publique et la pauvreté.

Mais elle tombe à point pour Moscou.

Que le chaos entrave l’UE est positif pour la Russie concurrente, que l’Ouest soit désigné comme ennemi qui traite la Roumanie comme une colonie est bénéfique pour Gazprom. Que rien ne soit tranché à Bucarest pour le futur des choix énergétiques est vraiment une aubaine… Voice of Russia s’est largement fait entendre durant ces semaines de crise.


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