Le Figaro: Justitia romana cerceteaza "mineriadele"

de     HotNews.ro
Vineri, 24 iunie 2005, 0:00



Manipulés pour mater la contestation sociale
Roumanie : la justice s'intéresse aux «descentes de mineurs» d'Iliescu


Arielle Thedrel
[23 juin 2005]


L'heure de rendre des comptes a peut-être sonné pour Ion Iliescu, l'homme qui dirigea onze années durant la Roumanie. L'ancien président, agé de 75 ans, est mis en accusation par la justice de son pays pour son rôle on ne peut plus équivoque dans les événements qui suivirent la chute du régime communiste.

En juin 1990, Ion Iliescu avait fait appel aux mineurs de la vallée du Jiu pour mater un mouvement de protestation de l'opposition. Cette expédition punitive s'était soldée officiellement par six morts et plusieurs dizaines de blessés, plus vraisemblablement, si l'on en croit des sources médicales, par au moins 60 morts et plus de 740 blessés.

La plupart des victimes furent enterrées à la sauvette la nuit qui suivit les émeutes dans le cimetière de Straulesti, près de Bucarest(*). A l'issue de cette équipée sauvage, l'ancien président avait remercié les gueules noires pour leur «sens civique élevé». En septembre 1991, il utilisa le même procédé pour contraindre son premier ministre Petre Roman à démissionner.

Par la suite, Iliescu justifia cette initiative en accusant l'opposition composée, selon lui, d'«extrémistes de droite» d'avoir voulu déstabiliser le pays. Mais il se garda d'expliquer pourquoi il avait eu recours à des «milices ouvrières» pour assurer le «maintien de l'ordre» au lieu de faire appel à la police ou à l'armée.

Jamais il n'exprima le moindre sentiment de culpabilité, bien que ces événements aient contribué à ternir durablement l'image de la Roumanie.

Convoqué déjà à deux reprises pour témoigner, Iliescu a refusé à chaque fois de se rendre au tribunal, préférant y dépêcher ses avocats. Selon ces derniers, «la gamme d'accusations est très large». Elle va de l'arrestation illégale à l'incitation à des mauvais traitements, du trouble de l'ordre public au crime contre l'humanité.

Fidèle à lui-même, Ion Iliescu a rejeté ces accusations, qu'il qualifie de «diversion et provocation». Il risque une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie. Dix-neuf autres personnes sont mises en accusation. Parmi elles, Petre Roman, Miron Cozma, le meneur des gueules noires, et Victor Stanculescu, qui se distingua surtout lors du procès expéditif de Nicolae et Elena Ceausescu.

La plainte a été déposée par l'Association des victimes des descentes de mineurs, qui regroupe 1 080 parties civiles. En janvier 1997, après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de droite d'Emil Constantinescu, l'Association avait déjà réclamé une enquête auprès du parquet militaire. Le dossier avait été ouvert en 1999 et refermé l'année suivante juste après la réélection d'Iliescu.

Longtemps qualifié de «cryptocommuniste», rallié tardivement aux valeurs démocratiques et à l'économie de marché, l'ancien chef d'Etat avait réussi contre toute attente au fil des années à se transformer en «père de la nation». Son style chaleureux et ses manières simples avaient fini par séduire les Roumains.

L'homme était populaire mais jusqu'aux derniers jours de son troisième mandat, en décembre 2004, son parcours était demeuré entaché d'ambiguïtés.

Quelques jours avant de quitter définitivement le palais présidentiel de Cotroceni, il avait eu ainsi l'idée d'accorder une haute distinction au chef de l'extrême droite, Corneliu Vadim Tudor, ancien poète de cour de Nicolae Ceausescu réputé pour ses diatribes racistes. Il avait également gracié Miron Cozma, qui purgeait une peine de 18 ans de prison.

La libération anticipée de ce dernier ayant soulevé un tollé général, Iliescu avait dû revenir deux jours plus tard sur sa décision. Cozma a ensuite fait appel auprès du tribunal de Craiova, qui lui a donné raison. Il est de nouveau libre et, à l'instar de Petre Roman, s'est empressé de charger son sauveur et allié.

L'ancien président roumain devenu sénateur tentera sans doute de gagner du temps. L'instruction, qui s'appuie sur un volumineux dossier, pourrait durer plusieurs années. Ion Iliescu risque néanmoins de ne pas pouvoir compter sur le soutien de ses amis politiques passés depuis six mois dans l'opposition.

Sa formation, le Parti social-démocrate (PSD), le défend bien mollement après l'avoir très largement désavoué il y a quelques semaines en préférant élire à sa tête Mircea Geoana.

Agé de 46 ans, cet ancien chef de la diplomatie incarne une nouvelle génération apparemment désireuse de rompre avec la vieille garde communiste qui encombre toujours les rangs de ce parti et sur laquelle s'appuyait Iliescu.

(*) Lire à ce propos Roumanie, le Livre blanc, la réalité d'un pouvoir néocommuniste, de Mihnea Berindei, Ariadna Combes et Anne Planche, aux éditions La Découverte.
Le Figaro






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